45 invités, de midi à 3 h : la soirée où je n'ai pas été DJ
J'ai fêté mon anniversaire en laissant Orfeo gérer la musique. Quinze heures, quarante-cinq invités, et pas une seule fois je n'ai touché à la sono.
À chaque soirée, il y a un mec scotché à la sono. D'habitude, c'est moi.
Tu lances une playlist en te disant que ça va rouler. Vingt minutes plus tard elle tombe à plat, quelqu'un te réclame un titre, un autre veut « un truc qui bouge », et tu passes ta soirée le nez dans ton téléphone. Tu organises une fête et tu la regardes de loin.
Pour mon anniversaire, le 14 août, j'ai voulu tester l'inverse : ne pas m'en occuper. Du tout.
Orfeo, en trois phrases
Les invités proposent des titres et votent depuis leur téléphone, sans rien installer. Un cerveau décide quoi jouer, et quand. Un Mac branché sur les enceintes pilote Apple Music et enchaîne tout seul.
J'ai codé ça en huit semaines, avec la date de l'anniversaire comme deadline — le genre de deadline qui ne se décale pas. La dernière semaine, c'était répétition générale et tests de charge : faire tourner le truc comme si c'était le jour J, et corriger tout ce qui pétait.
Mais je garde la technique pour les prochains articles. Là, je veux juste raconter la journée.
Le 14 août
On était quarante-cinq. La musique a démarré à midi. Elle s'est arrêtée à trois heures du matin.
Entre les deux : 203 titres joués, et seulement 2 répétitions.
À l'arrivée, un QR code. Tu scannes, tu es dedans : tu cherches un titre, tu le proposes, tu votes pour ceux des autres, tu laisses une dédicace si ça te chante. Pas de compte, pas d'app à télécharger.
Et moi ? J'ai changé de phase à la main quand l'ambiance changeait. C'est tout. C'est littéralement tout ce que j'ai fait de la journée côté musique.
Je n'ai jamais repris la main. Pas une fois en quinze heures. Pas de titre balancé en urgence, pas de blanc à rattraper.
Ce qui me faisait le plus peur, c'était les creux. Dans une fête, il y a de longs moments où tout le monde discute, mange, danse — et où personne ne sort son téléphone. Dans ces moments-là, c'est Orfeo qui choisit tout seul. Je m'attendais à des enchaînements bizarres.
Raté. C'était fluide, et dans le ton. Du déjeuner à la piste de danse, la musique a suivi la journée.
Les invités
Ils ont tout utilisé. Les propositions, les votes, les dédicaces — tout. Je m'attendais à ce que la moitié des fonctions reste dans un coin, comme d'habitude. Même pas.
Le meilleur moment, c'est quand certains ont compris que c'était moi qui avais développé ça. Un invité me sort :
« Mais c'est excellent ! Franchement, tu devrais rendre ce service public. »
Moi, je suis modeste. Donc je ne commenterai pas.
(Mais ça fait plaisir.)
Ce qui a coincé
L'accueil. C'est le point faible, et il est net.
Certains invités étaient en navigation privée. Résultat : Orfeo perdait leur session, et ils redevenaient des inconnus pour l'app. Pas dramatique, mais pas l'entrée en matière que tu veux offrir à quelqu'un qui vient de scanner ton QR code.
Deux autres bugs sont sortis en conditions réelles. Rien qui ait coupé la musique, et je les ai corrigés dans les deux jours. Mais c'est la leçon du jour : une vraie soirée trouve ce qu'aucune répétition ne trouve.
Ce que j'en retiens
L'app a collé à l'événement. La musique était fluide, dans les bons tons au bon moment.
Et surtout : la charge mentale du DJ en moins. C'est ça que je cherchais, en fait. Pas un bon DJ automatique — juste ne plus avoir à y penser. J'ai passé mon anniversaire avec mes invités.
La suite, c'est d'ouvrir Orfeo à d'autres que moi, pour que n'importe qui puisse faire pareil à sa propre soirée. Ce n'est pas encore lancé. Et l'accueil des invités sera le premier truc à refaire.
Dans les prochains articles, j'ouvre le capot : comment le cerveau choisit un titre, ce que la semaine de répétition a fait remonter, et ce qui se passe quand cent quarante invités simulés débarquent en même temps.
— Pato